Gaston, y a le téléphon qui son...
Publié par
Eric L. dans
Réflexion 05/02/2010 19:30:00
Tiens, soyons fous. Eteignons nos portables. Quelques heures. Quelques jours. Juste pour voir si on peut tenir le coup sans cet engin du diable. Juste pour voir si on peut se contenter d’un téléphone fixe, d’un mail et, surtout, de la conversation des gens qui nous entourent. Juste pour voir si on peut vivre comme il y a quinze ans, en somme.
Voilà ce que proposent les 10es Journées internationales sans téléphone portable, qui s’étalent les 6, 7 et 8 février. Cette drôle d’initiative, on la doit à un seul homme, Phil Marso, romancier et activiste français, responsable d’autres boycotts d’envergure (contre la Star Ac’ et Loft Story, au hasard), ainsi que d’un site plein de dossiers impertinents sur les dérives de la modernité.
Convaincre un monde incrédule
Obstiné, le Marso. Sa croisade, il la mène seul. Un Lucky Luke, un Don Quichotte, un David Vincent de l’invasion téléphonique. La comparaison le fait rire: «Oui, il me faut convaincre un monde incrédule.» Pourquoi tant de solitude? «Il y a dix ans, quand j’ai lancé la première Journée sans portable, j’imaginais que les associations prendraient le relais. Or, ça n’a pas marché», raconte-t-il, sans nulle aigreur. «Un individu qui a des idées tout seul, ça fait peur. C’est suspect. Les gens ne veulent pas d’antenne relais à côté de chez eux, mais éteindre leur propre téléphone, impossible!»
Il faut dire que ce baroud-là, loin de se concentrer sur les seuls et hypothétiques effets des ondes électromagnétiques sur nos petits neurones, s’attaque à tous les effets pervers de la téléphonie mobile. En particulier à la dépendance qu’elle peut générer, chez les très jeunes gens en particulier. «Comme l’alcool et le tabac, le mobile devrait être consommé avec modération. Je ne parle pas d’abstinence, encore moins de prohibition, mais de parcimonie. Sans précaution, son usage peut tourner à l’addiction.»
Ce n’est pas tout car, outre polluer à l’occasion la sérénité de l’espace public (l’insupportable «T’ES OÙ????»), il peut aussi se transformer en «séduisant outil de flicage», permettant aux – rayez la mention inutile – maris, parents, patrons, collègues de contrôler nos existences.
«Depuis ma première initiative en 2001, les choses ont beaucoup évolué, remarque Marso. On est passé du portable animal de compagnie au portable caravane, comme chez les gens du voyage, où la machine transporte tous nos biens: contacts, musique, Internet, jeux, réseaux sociaux… Ça pourrait créer du lien social, mais j’ai plutôt l’impression que les gens perdent la notion de l’intimité, du cercle privé. On raconte sa vie heure par heure sur Facebook, en oubliant le nombre de personnes qui peuvent y accéder.»
Trois jours de diète
Attention: les trois jours de diète téléphonique s’articulent en phases thématiques. «Samedi, on teste son addiction en coupant le portable 24?heures; dimanche, on ne communique que par SMS; le lundi, enfin, je propose aux automobilistes d’éteindre leur mobile de 6?h à 10?h, puis de 17?h à 21?h.»
Une vraie question pour finir. Pourquoi avoir choisi le 6 février? Parce que c’est la Saint-Gaston, pardi. Et «Gaston y a le téléphon qui son et y a jamais person qui y répond!»
2009, une année pour rien ?
Publié par
Webmaster dans
Réflexion 26/12/2009 20:50:00
Reflexion chinoise
Publié par
Administrateur dans
Réflexion 29/09/2009 18:07:00
Une petite réflexion, qui peut s'appliquer dans de nombreuses situation !!